Amina Saïd 1

Une phrase de Heidegger dans  » Pourquoi des poètes en des temps de détresse ?  » m’avait un jour interpellé :

« Ceux qui risquent plus sont les poètes, et qui plus est, ceux dont le chant tourne notre être sans abri face à l’ouvert « . 

sidibou.jpg  Hier, j’ai découvert avec ravissement Amina Saïd, une poétesse tunisienne, une parole de femme souvent absente de l’histoire de ce pays, à la recherche d’une dimension cosmique où l’être pourrait se connaître et se reconnaître. J’ai choisi deux extraits pour partager cette découverte :

  » Stigmates d’absence « , extrait 1, Amina Saïd, en langue française.
 
 » signe brisé
l’horizon à la foi
de ruptures et de liens
c’est un temps
de gifles grises
sans balance
un temps de nuit s
ans royaumes
et nous n’arrêtons plus de naître
et renaître de nos fondations
avec l’intuition d’un trajet
 
je retire l’esquisse des mains
un visage se dessine
à lire entre deux âges
les masques vis-à-vis
paralysent l’envol
je recommence
 
je suis signe brisé
c’est le tribut payé 
aux violences des terres
l’image infidèle
a troublé son histoire
les gestes
perdu leur sens du rituel
le poème n’existe plus
qu’en vertu de l’insaisissable
en ce noyau 
se chiffre le mystère
 
au loin l’escalier figurant les exils
ouverts sur les perspectives
de notre mort assurée
comme un soleil dans une paume

d’incandescence

hibou figé qui regarde une sphère
le symbole est au centre
d’une constellation d’images « .
 

 
«  La douleur des seuils  » Amina Saïd, extrait 2, en langue française.
 
 » Il y a quelque chose en toi
d’une lumière apaisante
quelque chose
comme un trésor de silence
qui n’a pas de nom

j’ai moi-même pour mémoire
une infinité de jours et de nuits
j’ai pour mémoire le silence
et ce qu’il laisse entendre

est-il un lien
un seuil
le lieu extrême de notre solitude
 
dans la poussière
toujours neuve
d’une parole habitée
nous avons tenté d’aller
comme le soleil
de l’autre côté de soi

nous avons lutté
pour conquérir notre être
trouver le Lieu
le meilleur des deux mondes
exprimer l’indicible
tel un arbre qui chante
il nous faut désormais œuvrer
à conquérir le néant « .

 

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