Sidi Bou SaPid, Sidi Bou…

Raoul Journo : http://www.radiotunis.com/ram/raoul1.ram

 Sidi Bou 1  – Sidi Bou 2Sidi Bou 3

13 ans en arrière, 13 ans déjà ! Que le temps passe vite… ! Il gambade, sur les pointes des pieds, voleur de notre présent pour l’entasser sur son butin pris de notre passé et le tout au détriment de notre avenir qu’il guète sans arrêt.
 
Des fois, on le croit traînant, suspendu… Foutaise ! Il est tout simplement tapi là, entrain de rigoler de nos impatiences, sadique qu’il est.
 
Des fois, on craint son accélération, on tente alors de le ralentir…Dérision ! Telle une rivière, il file en rigolant à travers notre dérisoir tamis utilisé pour l’obliger à décélérer, à s’arrêter…vanité !

13 ans en arrière, la pleine jeunesse et un séjour prolongé et inoubliable à Sidi Bou Saïd, Un village qui est situé à quelques kilomètres de Tunis et très prisé par la bourgeoisie tunisienne et les artistes nationaux et internationaux.
 Je ne faisais partie ni des uns ni des autres. Clin doeil

J’étais déjà un simple citoyen du monde, un simple citoyen qui voyageait aux sillons de son père et qui venait là, dans ce havre de paix, chercher un peu de fraîcheur, les jours de canicule.Sidi Bou Saïd, un petit Saint Tropez perché sur une falaise, dominant Carthage et le Golf de Tunis et qui offre une vue superbement impressionnante.

Blanc éclatant, bleu méditerranéen, ruelles envoûtantes, Hibiscus, tamaris et portes
cloutées, fermées…sur mille et un secrets… et l’odeur de jasmin enivrant.

Je me revois sur la terrasse du fameux « Café des Nattes », juste en face de deux cornes d’ »Abou Karnein », un café turc « Jezwa », un verre d’eau, parfois un « Chicha », un petit bouquet de jasmin fraîchement cueilli et des rires timides et innocents tout autour.
 
Des sourires et des rires qui percent le chuchotements ou les grosses voix d’une jeunesse heureuse.
Timidité ou retenu ou les deux semblaient de mise entre les filles et les garçons.

C’était le beau temps qui filait doucement…

13 années sont déjà passées… et ces rires raisonnent encore comme si c’était hier…

sidibou.jpg

SIDI BOU
 
Cœur affolé,
En souffrance.
Ailes déployées,
Déjà en partance.
Enivré par ce parfum
Prodigue, vagabond,
De ces fleurs de jasmin,
Jasmin du délire,
Calmes, fières, et déroutantes
Qui dévoient mes songes 
Coursiers de mes désirs
Qui disjonctent.

 

Désirs transparents,
Sur dentelles translucides,
Accrochés aux Hibiscus,
Volubiles et fous.
Lumière de Sidi Bou,
Brûlant fumoir d’un « Chicha »
Au Kif de miel sucré,
Mélange exquis,
Mi ombres tunisiennes,
Au regards, diamants noirs,
Insondables, incontournables.
Caresses  de Tamaris
Fougueuses, irréductibles,
Intouchables cibles,
Hantise de mes soirées.
Quand les ‘au revoirs’ 
Chaque soir,
Au debout,
Se font inéluctables.

Soudain,
Besoin de  soins
Besoin de câlins
Mirifiques
Echange de regards
L’intouchable
Se fait palpable
Soif de boire
L’amour substantifique
Qui me mène
Tous fous
Chaque fois, au matin,
Au dénouement inévitable
Souvent renouvelable
Jusqu’à l’aube opaline
Sur les terrasses divines
De Sidi Bou …

Inoubliables…

(NN)

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32 commentaires

  1. danaé dit :

    Bonjour Noah,
    Merci de nous faire voyager avec ce superbe poème
    et ces magnifiques musiques venues d’ailleurs.
    Bises

  2. Noah Norman dit :

    Bonjour Danaé,

    Merci pour ton passage. :-)

    Un petit clic de souvenir a fait son apparition… En comparant les 40 et les 27, d’où les 13 de Sidi Bou…, c’est qui est véridique.

    Bises fraternelles,

    Nono

  3. bonsoir, passée la très brève déception de ne plus entendre la guitare espagnole, je me laisse bercer par les notes tunisiennes et soudain sans me le demander, mes pieds se mettent à danser. puis un poème, une envolée de mots, la magie du lyrisme…

  4. Anonyme dit :

    Mercide,

    X comme xérès…

    La guitare espagnole est toujours sur l’autre article mais pas en autostart, il suffit de la demarrer…lolll

    Bises fraternelles,

    Nono

  5. Milla dit :

    Nono!

    J’ai laissé Tunis la verte « voler » ma jeunesse, sans regret ni remord, Sfax, Bizerte, Monastir, Carthage, Sidi Bou Said, Gelma, Zarzis, Gabès … et j’en passe, un pays que je dois connaitre bien mieux que celui de mes ancetres, cette expérience a fait de moi la femme de nulle part et de partout a la fois, un peu nomade, et j’en suis ravie, merci Nono d’avoir ranimé des souvenirs encore très vifs de mon passage dans ce pays, 20 ans déjà je dirai.

    Bise à toi, je ne peux que te comprendre…
    Milla

  6. Milla dit :

    J’oubliais :-) ,
    Raoul Journo, « grand » classique « grand » nom de la chanson tunisienne…Que j’ai eu le bonheur de connaitre grace a l’épouse de Maurice Meimoun, Evelyne qui elle s’est installée en 1997 à Carthage…
    :-)

  7. Noah Norman dit :

    Milla,

    Je ne pense pas que tu puisses être une femme de nulle part et de partout à la fois !! Mais tout simplement « une citoyenne du monde ». Il y en a de plus en plus quoi que l’on puisse dire.

    Une citoyenneté dont le passeport n’est que ce coeur qui s’élargie et se dilate à l’infini, au fur et au mesure des déplacements et des rencontres sur cette terre patrie où les frontières ne sont créées que pour diviser, soumettre, s?approprier…

    La musique judéo-tunisienne est tout un symbole…de paix…

    Bises et fraternité,

    Nono

  8. Isabelle dit :

    Noah,
    J’adore venir voyager chez toi….
    Et là, soudain, cette musique….chaude….envoutante….sensuelle…
    Dieu que c’est magnifique la beauté du monde…
    Dans les yeux le long filet du thé vert à la menthe et le verre qui s’emplit avec une mousse fumante et parfumée….
    Dans la tête les senteurs du jasmin, fortes et délicates à la fois…..
    J’ai dans les yeux des milliers d’autres yeux……
    Merci Nono, merci…….

    Dernière publication sur Isabelle SZLACHTA, une âme d'artiste : Plonéis, un vernissage en musique

  9. hub dit :

    Ce clip est une belle synthèse entre orient et occident, un joyeux mélange qui doit sans doute beaucoup plaire aux ayatollahs de tous poils…;o)

  10. Noah Norman dit :

    @ Isabelle,

    On a beau tasser les souvenirs en vrac, ils arrivent toujours à ressortir en ordre… :-)

    @ Hub,

    Sûrement, ça doit « plaire » aux ayatollahs de tous poils…pour le plaisir des ayatollés sans poils… :-)

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