Archive pour 24 août, 2007

Aujourd’hui s’appelle « Présent »

Toile m’avait demandé, il y a peu de temps, d’ouvrir un compte Messenger pour communiquer avec lui de vive voix. Je n’ai eu que le courage de refuser son invitation en prétextant une raison farfelue…Je réservais cela pour mes deux filles et mon petit fils… 

Ce matin, un mail poignant d’amitié m’a fait remonter les larmes aux yeux…C’est pour cela que je mets ces deux histoires en ligne. 

La première, une histoire qui m’a été  envoyé par un ami, elle est dédiée à Katouya dont j’admire la grandeur du courage, du coeur et de l’âme, l’immense Katouya que je n’ai pas eu le courage de rencontrer lors de mon passage à Morges, ce 22 août passé.  La deuxième est une histoire vécue, elle est dédiée à ma Grande Frangine Milla, puisse-t-elle m’entendre… au delà de l’écrit… 

@ Katouya,  Aujourd’hui est un présent :

Deux hommes, tous les deux gravement malades occupaient la même chambre d’hôpital. L’un d’eux devait s’asseoir dans son lit pendant une heure chaque après-midi afin d’évacuer les sécrétions de ses poumons. Son lit était à côté de la seule fenêtre de la chambre. L’autre homme devait passer ses journées, couché sur le dos.
Les deux compagnons d’infortune se parlaient pendant des heures. Ils parlaient de leurs épouses et familles, décrivaient leur maison, leur travail, leur participation dans le service militaire et les endroits où ils avaient été en vacances. Et chaque après-midi, quand l’homme dans le lit près de la fenêtre pouvait s’asseoir, il passait le temps à décrire à son compagnon de chambre tout ce qu’il voyait dehors. L’homme dans l’autre lit commença à vivre pour ces périodes d’une heure où son monde était élargi et égayé par toutes les activités et les couleurs du monde extérieur.


De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un beau lac. Les canards et les cygnes jouaient sur l’eau tandis que les enfants faisaient voguer leurs bateaux, modèles réduits. Les amoureux marchaient bras dessus, bras dessous, parmi des fleurs aux couleurs de l’arc-en-ciel. De grands arbres décoraient le paysage et on pouvait apercevoir au loin la ville se dessiner. Pendant que l’homme près de la fenêtre décrivait tous ces détails, l’homme de l’autre côté de la chambre fermait les yeux et imaginait la scène pittoresque.Lors d’un bel après-midi, l’homme près de la fenêtre décrivit une parade qui passait par là. Bien que l’autre homme n’ait pu entendre l’orchestre, il pouvait le voir avec les yeux de son imagination, tellement son compagnon le dépeignait de façon vivante.

Les jours et les semaines passèrent. Un matin, à l’heure du bain, l’infirmière trouva le corps sans vie de l’homme près de la fenêtre, mort paisiblement dans son sommeil. Attristée, elle appela les préposés pour qu’ils viennent prendre le corps. Dès qu’il sentit que le temps était approprié, l’autre homme demanda s’il pouvait être déplacé à côté de la fenêtre. L’infirmière, heureuse de lui accorder cette petite faveur, s’assura de son confort, puis elle le laissa seul.  Lentement, péniblement, le malade se souleva un peu, en s’appuyant sur un coude pour jeter son premier coup d’oeil dehors. Enfin il aurait la joie de voir par lui-même ce que son ami lui avait décrit. Il s’étira pour se tourner lentement vers la fenêtre près du lit.Or tout ce qu’il vit, fut… un mur ! 
L’homme demanda à l’infirmière pourquoi son compagnon de chambre décédé lui avait dépeint une toute autre réalité. L’infirmière répondit que l’homme était aveugle et ne pouvait même pas voir le mur. « Peut-être, a-t-il seulement voulu vous encourager », commenta-t-elle… 

(suite…)

Collier de perles.

fondetoiles.png   Incrédule, je regarde désespérément le fil que je tiens entre mes mains tendues, le fil de ma vie. Il est tout nu ! Pourquoi est-il si nu ? Est-ce normal qu’il soit ainsi ?

Je lève la tête pour regarder le ciel et l’interroger… Oh là ! Etrange ! Le ciel n’est pas comme d’habitude! Il est plus profond, plus ouvert et on dirait qu’on lui a enlevé son couvercle ! Qui a pu enlever le couvercle du ciel ?

Mais faites donc attention ! Les instants de nos vie vont s’évaporer ou risquent de s’échapper, le savez-vous, le sait-il ?

Le spectacle est beau, sublime! Une myriade de bulles y voltige. On dirait des perles scintillantes, il y en a des millions, des milliards…de toutes les grosseurs, de toutes les couleurs, toutes irisées et resplendissantes !

 - N’ai pas peur pour le ciel, c’est moi qui a enlevé le couvercle, chuchota une voix !

Une voix étrangement douce, penetrante comme venu de tout part et de nulle part !

 - Je l’enlève chaque soir pour ceux qui sont en « quête » et qui veulent avoir leur « collier »,
je le remets  à chaque aube venu, continua l’étrange et douce voix avec une pointe d’ironie.

Je regarde autour de moi et tout au long du parcours de ma vie, je ne vois personne, il n’y a personne d’autre que moi, là et sur ma route ! D’où vient donc cette voix ? Entre peur et curiosité, regardant dans tous les sens, je balbutie une question :

 - Qui êtes-vous, Voix ? Quelles sont jolies ces perles !  Sont-elles vraies ?

La « Voix » me répondit comme si elle s’attendait à cette question :

 - Helas, je ne peux satisfaire votre première question…Oui, elles sont plus que vraies. Il y a les vôtres aussi…les vôtre…

Ah bon, j’ai des perles à moi maintenant ?! Voyons donc ?! Est-ce une plaisanterie ? Où sont-elles, je n’en vois point et puis comment savez-vous qu’elles sont les miennes ?!

Toujours douce et vibrante, la voix continua :

- Je sais que ce sont les vôtres, je le sais…c’est tout ! Elles sont là.. là…et puis là…Les blanches irisées de bleu, tu les vois ? Il y a encore là…et là, plus loin…là, tout prêt… !

Surpris, intrigué et un peu sceptique, je cherche mes perles, les perles de ma vie ! Stupéfié par le néant que je découvre, je continue à fouiller minutieusement cet étendu d’opacité, j’en aperçois enfin quelques unes, deux ou trois puis quatre…cinq…

- »Voix », je les vois, oui, là et là…là aussi ! Pouvez-vous m’aider à les récolter, s’il vous plait ? J’en ai besoin, voyez comme mon fil est lamentablement vide et je souhaite avoir un collier. S’il vous plait !

La réponse fut rapide, cinglante !…Je suis persuadé, maintenant, que la voix connaissait d’avance mes questions :

-Non, j’en suis désolée…C’est votre quête personnelle, je ne peux que vous les montrer et vous indiquer leur couleur. En plus, je ne peux le faire qu’une seule fois. Vous seul, vous pouvez les attraper, vous savez maintenant lesquelles sont les vôtres…alors, essayez de les attraper et …soyez patient !

La « Voix » s’évanouisse petit à petit, laissant derrière elle résonner l’écho : « Soyez patient…soyez… patient…soyez…

Une de mes perles me semble proche. Elle semble s’approcher en tournoyant à rotations d’un temps lent et mesuré. Je la regarder fasciné et émerveillé sans bouger. Une jolie perle blanche, irisée de bleu azur, emplie
de bouquets de sourires qui continue à s’approcher lentement…lentement.

Je tends ma main, doucement pour ne pas l’effaroucher. Je forme avec le creux de ma main un écueil que je tends doucement pour lui permettre de s’y poser. Je me hisse tant que je peux sur mes pieds, sur les pointes de mes orteils…Ma perle commence à perdre de son éclat, vacille, devient translucide et s’évapora comme érodée par l’attente ou agacée par ma la lenteur. Je la distingue qu’à peine et dans cette brume incertaine, je n’aperçois plus les autres…Je ne sais pas comment faire…La « Voix » m’a dit d’être patient, je le serais…Ce tout ce qui me reste à faire, de toute façon.

Déçu mais pas découragé, je serre mon fil tout nu et je me laisse tomber à genoux…Le jour va bientôt se lever…Je suis las mais tout excité, je regarde le ciel qui redevient peu à peu comme avant au fur et à mesure que l’aube se pointe…et que la couvercle se remet…lentement.

Je ne vais pas laisser mes perles vagabonder dans cette immensité. Elles risquent de s’y perdre…Je risque de ne plus les reconnaître… ! Alors, je recommencerai ma quête la nuit prochaine, la nuit d’après et celle d’après…

Peut-être qu’une de ces nuits, j’arriverai à en attraper celles que j’ai vue et d’autres aussi, plusieurs même et d’un seul coup…Je les enfilerai à mon fil, avec hâte mais délicatement, j’en ferais un superbe collier et avec fierté mais humblement, je dirais alors :

 - Mon fil n’est plus nu, j’ai mon collier donc je suis et si je suis c’est parce que j’étais…Le serais-je? !

Je m’en parerai en toute modestie et je dirais à tous ceux qui je connais et ceux que je ne connais pas encore, à tous ceux qui m’ont souri et même à ceux qui ne m’ont pas souri, à ceux qui me souriront et aussi à ceux qui ne me souriront jamais :

- Chercher  vos perles, chacun en a. Allez y, guetter le ciel et quand la « Voix » enlèvera le couvercle, demandez lui de vous montrer les vôtres et attrapez-les. Regardez les miennes comme elles sont belles…Allez-y, allez-y…Ne laissez pas passer votre chance d’être …humain…
 
 C’est à la portée de vos mains, ne laissez pas le fil de votre vie tout nu…la vie est précaire, nous ne sommes que passagers. Notre collier nous est nécessaire pour ne pas nous perdre car nous ne savons pas quand nous partirons, même en connus, et nous ne savons pas…Où nous arriverons toujours en étrangers… Et en cours de ces étapes, Notre collier sera alors notre signe de ralliement…

Abasourdi, je regarde avec tristesse, avec amertume et  une certaine mélancolie, le fil de ma vie toujours aussi nu, horriblement nu…Restera-t-il ainsi ? Peut-être pour longtemps encore, peut-être pas…, qui sait ?

Jusqu’à maintenant, je n’ai vu que peu de gens, très peu, qui portent un tel collier…souvent de grosseur moyenne. Ils sont dispersés ici et là, dans la myriade de la « Race Humaine »…
 
Je les ai toujours admirés et je me suis toujours demandé comment ils ont fait, comment ils l’ont eu…Pourtant… portant, ils ont essayé de me le dire, par leurs écrits ou de vive voix… mais…je n’étais pas prêt à les comprendre ou à les écouter…peut-être ?! Ils ont essayé jusqu’à ce que j’entends la « Voix » par moi-même, est-ce le but recherché ?…Est-ce une question de maturité ou simplement une question d’éveil et de curiosité…Une quête dont l’initiation prend des chemins tortueux ?

Maintenant que je le sais et en attendant la nuit prochaine, agenouillé, les mains jointes et levées vers le ciel, le fil de ma vie, encore tout nu, serré à se rompre, je pria la « Voix » avec toutes mes forces :

- « Voix », merci d’avoir remis doucement le couvercle du ciel, il fait jour maintenant ! Remettez-le jusqu’à la nuit prochaine, Laisser-moi  le dire aux autres.

  »Voix », s’il vous plait, s’il vous plait…N’oubliez pas de l’enlever, la nuit prochaine…N’est-ce pas ?! Nous serons nombreux à vous attendre, nous serons nombreux…

Noah

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