Aujourd’hui s’appelle « Présent »

Toile m’avait demandé, il y a peu de temps, d’ouvrir un compte Messenger pour communiquer avec lui de vive voix. Je n’ai eu que le courage de refuser son invitation en prétextant une raison farfelue…Je réservais cela pour mes deux filles et mon petit fils… 

Ce matin, un mail poignant d’amitié m’a fait remonter les larmes aux yeux…C’est pour cela que je mets ces deux histoires en ligne. 

La première, une histoire qui m’a été  envoyé par un ami, elle est dédiée à Katouya dont j’admire la grandeur du courage, du coeur et de l’âme, l’immense Katouya que je n’ai pas eu le courage de rencontrer lors de mon passage à Morges, ce 22 août passé.  La deuxième est une histoire vécue, elle est dédiée à ma Grande Frangine Milla, puisse-t-elle m’entendre… au delà de l’écrit… 

@ Katouya,  Aujourd’hui est un présent :

Deux hommes, tous les deux gravement malades occupaient la même chambre d’hôpital. L’un d’eux devait s’asseoir dans son lit pendant une heure chaque après-midi afin d’évacuer les sécrétions de ses poumons. Son lit était à côté de la seule fenêtre de la chambre. L’autre homme devait passer ses journées, couché sur le dos.
Les deux compagnons d’infortune se parlaient pendant des heures. Ils parlaient de leurs épouses et familles, décrivaient leur maison, leur travail, leur participation dans le service militaire et les endroits où ils avaient été en vacances. Et chaque après-midi, quand l’homme dans le lit près de la fenêtre pouvait s’asseoir, il passait le temps à décrire à son compagnon de chambre tout ce qu’il voyait dehors. L’homme dans l’autre lit commença à vivre pour ces périodes d’une heure où son monde était élargi et égayé par toutes les activités et les couleurs du monde extérieur.


De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un beau lac. Les canards et les cygnes jouaient sur l’eau tandis que les enfants faisaient voguer leurs bateaux, modèles réduits. Les amoureux marchaient bras dessus, bras dessous, parmi des fleurs aux couleurs de l’arc-en-ciel. De grands arbres décoraient le paysage et on pouvait apercevoir au loin la ville se dessiner. Pendant que l’homme près de la fenêtre décrivait tous ces détails, l’homme de l’autre côté de la chambre fermait les yeux et imaginait la scène pittoresque.Lors d’un bel après-midi, l’homme près de la fenêtre décrivit une parade qui passait par là. Bien que l’autre homme n’ait pu entendre l’orchestre, il pouvait le voir avec les yeux de son imagination, tellement son compagnon le dépeignait de façon vivante.

Les jours et les semaines passèrent. Un matin, à l’heure du bain, l’infirmière trouva le corps sans vie de l’homme près de la fenêtre, mort paisiblement dans son sommeil. Attristée, elle appela les préposés pour qu’ils viennent prendre le corps. Dès qu’il sentit que le temps était approprié, l’autre homme demanda s’il pouvait être déplacé à côté de la fenêtre. L’infirmière, heureuse de lui accorder cette petite faveur, s’assura de son confort, puis elle le laissa seul.  Lentement, péniblement, le malade se souleva un peu, en s’appuyant sur un coude pour jeter son premier coup d’oeil dehors. Enfin il aurait la joie de voir par lui-même ce que son ami lui avait décrit. Il s’étira pour se tourner lentement vers la fenêtre près du lit.Or tout ce qu’il vit, fut… un mur ! 
L’homme demanda à l’infirmière pourquoi son compagnon de chambre décédé lui avait dépeint une toute autre réalité. L’infirmière répondit que l’homme était aveugle et ne pouvait même pas voir le mur. « Peut-être, a-t-il seulement voulu vous encourager », commenta-t-elle… 

@ Milla,  Anouchka.  Annie, une arménienne dont la famille s’était réfugiée à Paris lors d’une période douloureuse qu’avait traversée son pays, était l’expression vivante de la joie et de la bonne humeur. Douée en peinture, elle avait une soif d’apprendre difficile à étancher. Bout en train, volontaire, fraternelle, elle était toujours prête à rendre service. 

Juarez, un paraguayen, prof d’art plastique dont les cours sur la chromatologie était de notoriété, étais devenu un ami au fil de temps. Toujours disponible, ouvert et humaniste. Il louait un studio de peintre de coté de la porte d’Italie. J’avais une chambre de bonne à la rue de Louvre, au 1e arrondissement et je passais le plus grand de mon temps entre la fac, les Beaux-arts et la porte d’Italie. Tout autour de lui, plusieurs autres studios s’offraient aux sculpteurs, peintres et artistes de tout horizon.

Annie occupait juste le studio adjacent au sien. Il était aussi son meilleur copain. Annie était la copine de tout le monde, presque la cheville centrale, un gros cœur et une immense générosité, on l’appelait : Anouchka.  Anouchka avait attrapé un méchant rhume qui avait évolué vers une sorte de pneumonie carabinée au cours du rude hiver. Hospitalisée, elle n’avait rien perdu de sa bonne humeur et n’arrêtait pas de blaguer pour nous faire rire lors de nos visites quotidiennes avec les autres copains.  A sa sortie de l’hôpital, nous l’avions installée dans sa chambre, au premier étage de son studio. Des fleurs à fusion et tout ce qu’il faut à la portée de ses mains. Nous avions établi un tour de rôle pour rester avec elle, l’aider en tout ou lui faire de la lecture (sauf moi…je lui jouait de la guitare ou du violon…).  Son lit était face à son unique fenêtre qui donnait sur une courette fermée et donc sur un mur où poussait un lierre qui perdait ses feuilles sans arrêt.  Anouchka ne se sentait pas bien et ne voulait pas revenir à l’hôpital. Le médecin n’en voyait pas l’utilité non plus et nous disait que c’est simplement une question de temps et qu’elle va se rétablir doucement. 

Anouchka ne cessait pas de fixer le lierre où pendouillaient encore une dizaine de feuilles jaunissantes à la hauteur de sa fenêtre. Elle les comptait chaque matin et se désolait de la chute de chacune d’elles. Elle disait, avec un sourire forcé,  je partirais avec la dernière feuille. Nous avions beau lui remonter le moral, elle ne détournait plus son regard, sauf pendant son sommeil agité, de ses maudites feuilles qui continuait de tomber, l’une après l’autre. Il n’en restait à peine deux ou trois. Anouchka faiblissait à vue d’œil et le médecin ne voyait aucune complication ! 

Un soir, On m’avait donné la mission de rester la nuit entière avec Anouchka. J’avais pris un lit de camp chez Ghanim, un sculpteur Camerounais génial. La chambre étant petite, j’ai installé le lit de camp sous la fenêtre que j’avais fermée et j’avais tiré les rideaux sous les protestations incompréhensibles d’Anouchka.  Au petit matin, je m’étais réveillé en sursaut : Anouchka me demandait de lui jouer un peu de violon mais il faut que j’écarte les rideaux et ouvre la fenêtre auparavant. Amusé, j’avais compris sa malicieuse demande et ce qu’elle voulait réellement…du violent, TinTin… J’avais obtempéré mais lentement, j’avais commencé par écarter les rideaux, jeter un bref coup d’œil sur le lierre… ! Surpris ?…pas tout à fait…J’avais fini par ouvrir grand les deux ventaux de la fenêtre et faisant mine de rien, je m’étais dirigé vers le petit coin cuisine pour préparer le café et le petit déjeuner.  D’un seul coup, j’entendais Anouchka crier : OH, YESSSS ! Elle ne m’aura pas cette fois-ci la salope de faucheuse…Je me retournais, elle était presque assise sur son lit et me montrait la fenêtre du doigt, la bouche ouverte sur un grand sourire, excitée comme une gamine de 5 ans ! Tout un flot de paroles, des chansons, des blagues…pèle mêle… ! Elle me demandait de lui dire ce que je vois…Elle était dépassée par sa joie qu’elle a oublié que je ne pouvais pas lui parler…Elle était presque ridicule à gesticuler ainsi. Je l’avais calmée petit à petit…en jouant n’importe quoi comme un clown. 

Le lierre avait poussé de trente centimètres environs avec plein des bourgeons et des feuilles, vert tendre, naissantes…Trois belles feuilles brillaient presque sous une timide lumière matinal !! Déjà le printemps !  Un miracle !?  Non, aucun miracle, simplement de la Grande Amitié sans frontières : Juarez, Gosby, Umut le Turc, Oussef le Tunisien, kim le Coréen et Nilla l’Italienne avaient, avec un bric à braque, réussi à escalader jusqu’à la hauteur de la fenêtre d’Anouchka, en passant sur des planches étriquées, avec des lampes à pétrole et de poche et ils avaient passé des heures à restituer ses feuilles au lierre moribond. Plus que vraies. Admirablement restituées.  Anouchka s’était rétablie dans les deux jours qui avaient suivi. Elle resplendissait de vie, bien plus qu’elle l’était avant sa maladie… Elle ne s’était rendue compte du subterfuge que bien de semaines plus tard… Une soirée cosmopolite et endiablée, dans la petite courette, où le lierre rendait l’âme…, sauf la branche, ses bourgeons et ses feuilles divinement peints, avait clôturé cette résurrection printanière…    

violon.jpg  Peinture de LorAnge Marcel 

Mon immense amitié à toutes et à tous, amis (es) d’Unblog, de la Blogsphère et du Net. 


N’oubliez jamais qu’il y a un bonheur extraordinaire à rendre d’autres heureux, en dépit de nos propres épreuves et de nos propres handicaps. La peine partagée réduit de moitié la douleur, mais le bonheur, une fois partagé, s’en trouve doublé. 
Si vous voulez vous sentir riche, vous n’avez qu’à compter, parmi toutes les choses que vous possédez, celles que l’argent ne peut acheter. 

Chaque jour est un don. Aujourd’hui est un cadeau, c’est pourquoi il s’appelle le présent.

 2718657444.jpg Noah. 

 

 


21 commentaires

  1. Noah Norman dit :

    Suis vraiment désolé pour la présentation. Aujourd’hui, Unblog me fait arracher les cheveux pour présenter ce billet.

    Cordialement à toutes et à tous.

  2. Milla dit :

    c’est à moi Noah qu’il appartient d’être désolée, ce qui ne change en rien la profonde amitié que j’éprouve pour toi, va savoir pourquoi j’ai si mal, et pour qui…
    il y a des mots que je préfère garder au fin fond de mon etre, ces mots sont pour toi Noah, pardon…

    Milla

  3. Noah Norman dit :

    @ Milla,

    Tu n’as vraiment pas de raison de me demander « pardon », c’est plutôt moi qui devait le faire. Répose-toi bien pendant ces dix jours de vacances et reviens-nous comme tu es…entière.

    Big Bises, Frangine

  4. miladychristy dit :

    Je n’ai pas de mots, je ne les trouve pas alors je ne dirais rien c’est bien mieux ainsi ………..

    …….. mais ne te méprends pas sur mon silence, mon coeur est plein, peut-être trop……

  5. Noah Norman dit :

    Je sais, je sais Milady…On se connaît un peu maintenant et je connais ta générosité, je crois. T’inquiète pas, cela ne m’attriste aucunement et j’ai appris à vivre avec…après tout, ce n’est pas si validant que ça en a l’air par rapport à d’autres handicaps, surtout à l’ère de la communication actuel.

    Bises fraternelles

  6. RECITAL dit :

    Un passage amical rapide –JE repasserai comme a mon habitude ,dans la nuit,avec l’habit de toile-
    Nono,UN PAS devant l’autre et tu monte dans l’échelle
    de la blogosphére — l(histoire de la souris –

    et une canne a pêche pour ligne (((( ou? EN LIGNE°°

    en minute communicative —

    j’aime l’histoire du mur —

    cela me fait penser au premiére radio ou au premier téléphone —-une magie des temps historiques

    A

  7. Noah Norman dit :

    Tu as tout compris Recital !

    C’est exactement comme le premier radio à galets et le premier téléphone à manivelle, il faut taper sur l’un et tourner la manivelle sans cesse sur l’autre… pour qu’ils comprennent…qu’il faut pouvoir communiquer…lolll :-)

    Bien à toi

  8. bea08 dit :

    un grand merci noah pour ton commentaire au forum sur mon blog.(qui en fait ne montre pas ce que je suis réellement)
    Mais c’est moi qui suis époustouflée par le tien.
    Que de talent.
    Tu as un vrai talent d’écrivain, et ce que tu dis es tellement vraie.
    Malheuresement il n’y a pas assez de grand coeur sur cette terre.
    biz

  9. braise dit :

    yo tu est revenu —mais je sais que toi – yo-tu connais le chemin des clics de nos autres blogs-
    bien sur je vais au satamania visiter —mais faut t’il que j’y rentre pour vous faire voyager dans les routes de circuit de clic ????
    je suis a un clic de chez vous yo ,dans la maison ordinateur —-et j’apprecie ceux qui voyage de clic en clic -CAR TOUJOURS CE renouvelle de nouveau lien –
    bravo NONO pour tes écritures ,car »)- seul -( on arrive a rien —allo allo a l’eau

  10. toile dit :

    bon ,,je vais passer en clic rapide chez béa08 -

    c’est cela le voyage toile avec tout ces divers liens–

    A PLUS NONO CAR TU LE SAIS QUE L’AMOUR et l’amitiée ne se trouve pas dans les corps mais dans l’esprit°°°°°)°°)))°)°°°

    Dernière publication sur Toile : Je ne t' écrirai plus //

1 2 3

Répondre

Le blog des Anticon |
mon 1er blog |
hanibal ma life mes potes |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les 3 S
| Mi pequeño mundo à moi !
| la foir'fouille ajaccio