Archive pour 11 novembre, 2007

La mort

Le fil n’est pas coupé.
La mort n’est rien. Je suis simplement passé
Dans la pièce à côté.
Je suis moi, vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres,
Nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait,
N’employez pas de ton différent
Ne prenez pas un ton solennel et triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble
Priez, souriez, pensez à moi.
Que mon nom soit prononcé comme il a toujours été.
Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié
Elle est ce qu’elle a toujours été.
Pourquoi serais- je hors de votre pensée
Simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je vous attends. Je ne suis pas loin
Juste de l’autre côté du chemin
Vous voyez, tout est bien

(Charles PÉGUY)

La fatigue

Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine
Qu’avec cette vie qu’ je mène je me ruine
Que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer.
Vous me dites enfin que je suis fatigué

Oui je suis fatigué, Monsieur, mais je m’en flatte
J’ai tout de fatigué, le cœur, la voix, la rate
Je m’endors épuisé je me réveille las
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas

Et quand j’m'en soucie, je me ridiculise
La fatigue souvent n’est qu’une vantardise
On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit
Et quand cela serait, n’en a-t-on pas le droit ?

(suite…)

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